Energie vitale - Les origines du chi kong
Chaque culture a reconnu l'existence d'une énergie vitale du corps. Les Indiens l'appellent prana, les Chinois qi et les Japonais ki. En Occident, on parle parfois d'électricité.
Cette énergie s'obtient et s'exprime de différentes manières. Ainsi, la prana et le qi, termes signifiant tous deux "énergie", ont aussi le sens de "souffle" , car on peut accroître son énergie en exécutant des exercices de respiration spécifiques.
Dans les cultures chinoise et japonaise, la représentation d'un paysage est considérée comme une grande oeuvre d'art si l'artiste était à l'unisson avec l'objet peint et s'il a été capable d'exprimer cette unité en employant son énergie pour créer un tableau harmonieux.
En Occident, la notion d'énergie est abordée de façon plus concrète : un athlète qui s'entraîne se doit de consommer beaucoup d'aliments très caloriques de façon à disposer de suffisamment d'énergie pour accomplir des prouesses sportives.
Parallèlement, les énergies émises par les processus mentaux peuvent être mesurées à l'aide d'appareils électroniques : l'activité de notre cerveau produit ainsi des ondes alpha, bêta ou gamma.
En pratiquant régulièrement les exercices de chi kong présentés dans cet ouvrage, vous disposerez d une plus grande énergie et vous lui permettrez de circuler de manière fluide dans le corps, facteur de bonne santé physique, de longévité et d'épanouissement sur les plans mental et spirituel.
L'invention de l'acupuncture
En septembre 1991, Erika et Helmut Simon se trouvaient dans les Alpes de L'Otztal, à la frontière entre l'Autriche et l'italie, lorsqu'ils découvrirent un corps révélé par la fonte des glaces. Sa datation au radiocarbone révéla qu'il s'agissait du corps d'un homme d'âge moyen mort de froid quelque 5300 ans auparavant. Le trajet de certains meridiens ainsi que des points d'acupuncture étaient tatoués sur son corps. L'homme avait probablement été tatoué par un acupuncteur. Les points sélectionnés pour traiter cet homme traduisaient un certain degré de sophistication. Il est donc à supposer que celle-ci a été inventée en des temps encore plus anciens. La découverte des Simon a permis d'apprendre que l'acupuncture était une médecine largement employée en Europe centrale, tout comme elle l'était en chine, il y a environ 5500 ans.
La conception chinoise
La mention de l'existence d'un système énergétique corporel est commune à de nombreuses cultures, mais nous nous intéresserons principalement à la conception chinoise. L'acupuncture chinoise est aujourd'hui un mode de traitement répandu et même recommandé et encouragé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci souhaite qu'elle soit pratiquée à l'échelle internationale, en raison de son efficacité et de son faible coût. La médecine traditionnelle chinoise appelle "méridiens" les canaux d'énergie invisibles du corps. le long de ces méridiens, on trouve des points permettant d'intervenir sur la circulation de l'énergie.Il s'agit des points d'acupuncture. L'énergie vitale animant notre corps, grace à laquelle nous pouvons marcher, parler et penser, est appelée qi. En médecine chinoise, une bonne circulation du qi est indispensable à la conservation d'une bonne santé.
Dans la médecine occidentale, on désigne pai "homéostasie" le mécanisme par lequel le corps conserve un état d'équilibre tandis que l'environnement externe se modifie. En médecine chinoise, il s'agît de maintenir l'équilibre entre le yin et le yang. Yin et yang sont des termes décrivant des forces à l'oeuvre dans l'univers entier : ces forces sont présentes en toutes choses, y compris le corps. Elles sont à la fois opposées et complémentaires. Ainsi, une pressionsanguine trop basse ou trop élevée, un oedème ou un état de déshydratation, sont le reflet d'un déséquilibre entre le yin et le yang.
L'équilibre du yin et du yang
Dans les méridiens yin, le qi circule de l'extrémité des doigts et des orteils vers le centre du corps. Dans les méridiens yang, le qi circule au contraire du centre du corps vers l'extrémité des doigts et des orteils. Lorsque le yin et le yang sont parfaitement équilibrés et que la circulation du chi est régulière et libre de toute obstruction, nous nous trouvons dans un état neutre : nous avons une sensation de bien-être et de calme, et nous sommes à l'aise avec nous-même et le reste du monde. Lorsque nous sommes ainsi parvenu à une bonne santé, tant physique que mentale, émotionnelle et spirituelle, nous avons atteint l'état appelé wu chi. Lorsque le yin et le yang sont déséquilibrés, des problèmes de santé peuvent survenir.
Les origines du chi kong
Le Yi-king, ou livre des mutations (Yijing), est l'un des ouvrages les plus importants de l'histoire du chi kong. Il a été rédigé en 2852 av. J.C. par Fuxi, puis mis en forme par Wen Wang, premier souverain de la dynastie Zhou, en 1122 av. J.C. Selon Wen Wang, Fuxi avait pu formuler le Yi-king car il avait passé sa vie a observer l'interaction énergétique entre le soleil, la lune et les étoiles, et l'ensemble des manifestations de la nature sur la terre. Il avait étudié le comportement des animaux et des êtres humains, les fluctuations climatiques et les changements saisonniers. C'est ainsi qu'il avait déterminé l'interaction des énergies yin et yang, ou qi.
Le Huangdi Nei jing, ou Classique de l'interne, a été rédigé par l'Empereur jaune (2697-2597 av. J.C.). Celui-ci atteignit un âge avancé grâce à sa connaissance de la manière dont le qi anime le corps.
Son ouvrage traite de la philosophie et des techniques qui sont à l'origine de l'acupuncture et du chi kong, et renferme les connaissances accumulées par de nombreuses générations. Il établit pour principe que la bonne santé est conditionnée par une circulation fluide du qi corporel, ce qui est l'objectif des techniques du chi kong. Le chi kong, qui intervient sur l'énergie, est une discipline ancienne, qui a fait ses preuves sur des milliers d'années.
L'emprunt au tai chi
Chang Sanfeng, né en 1247, est un des plus grands pratiquants d'arts martiaux et de chi kong de l'histoire de la chine. Il intégra sa connaissance du chi kong à la pratique des arts martiaux afin d'améliorer sa santé tout en s'entraînant.
Enfin, il regroupa les principes essentiels en douze séquences de mouvements, qui furent appelées les "douze" postures et considérées comme la première grande technique de tai chi. Chang Sanfeng vécut au mont Wu Dang, et sa technique est également connue sous le nom de tai chi du mont Wu Dang.
Au IXe siècle, Yang Luchan (1799 - 1872) étudia ce tai chi et s'en inspira pour mettre au point son propre style, que l'on appela l'école Yang.
Le qi, le yin et le yang et le wu chi
Le qi est une notion facile à comprendre si on le considère comme une forme d'énergie électromagnétique. Les charges électriques dont il est question ici sont très faibles. Tout comme l'électricité permet à une radio d'émettre des sons et à une ampoule de s'éclairer, c'est grâce au qi que nous pouvons nous déplacer, voir et parler.
Cette énergie nous pousse à agir : plus nous en avons, plus nous pouvons être actifs et créatifs. Le qi est le fil conducteur entre chaque créature inscrite dans la grande toile de la vie. Les exercices de chi kong traitent le corps en favorisant la circulation du qi le long des méridiens d'acupuncture. L'impression ressentie est celle d'une source brillante, chaude et chargée électriquement qui circule dans le corps.
Les termes yin et yang désignent simplement deux éléments opposés se complétant et formant l'ensemble de l'univers. L'équilibre des énergies yin et yang du corps est le fondement d'un bon fonctionnement énergétique et la clé d'une bonne santé physique et mentale. Un excès de yin correspond à un vide de qi, qu'il faut combler. Un excès de yang traduit un trop-plein de qi, auquel il faut remédier.
Une fois que l'équilibre du yin et du yang a été rétabli, on entre alors plus facilement dans l'état de wu chi. Il s'agit d'une dimension spirituelle où l'on a non seulement conscience d'être en relation avec le monde entier, mais aussi que ce dernier s'inscrit en nous et nous en lui.
Un principe unificateur
Il est possible de parvenir à l'état de wu chi dans le cadre des activités quotidiennes. Les personnes qui en font l'expérience le vivent toutes différemment, mais éprouvent toujours un sentiment d'unité. Il arrive qu'on ressente l'union avec la nature en marchant dans une forêt; ou bien que l'on se sente en fusion avec son compagnon, pour lequel on éprouve un sentiment très fort. Le chi kong a ceci de particulier qu'il s'agit d'une pratique permettant d'accéder à l'état de wu chi.
Une fois qu'un individu est en paix avec lui-même, il peut avoir des relations harmonieuses avec autrui.
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