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Loudun - An 1634 le curé Grandier condamné


LOUDUN - Le cure Grandier, Condamné au bûché pour sorcellerie en 1634

Au Moyen Age, Satan est partout. La sorcellerie est un des outils de sa toute puissance. Les flammes, seules, peuvent purifier ses possédés. Aux XVIe et XVIIe siecles, on brûle encore les sorcieres. Cent mille en Allemagne durant ces deux siecles, des dizaines de milliers en France.
En 1634, a Loudun, en Poitou, un homme est brûlé vif. Ce supplicié peut témoigner a lui seul de la férocité et de I'imbécillité humaines. A cette époque nourrie de la Renaissance, Louis XIII le Juste est roi, le cardinal de Richelieu ministre et Urbain VIII, helléniste distingué, le 234e successeur officiel de saint Pierre.

Le diable au couvent

Le couvent des ursulines de Loudun était réputé pour sa discipline et pour l'observance stricte d'une regle imposant jeûnes et pénitences. Depuis l'arrivée, en 1627, de Jeanne de Belcier, en religion Jeanne des Anges, nouvelle mere supérieure, les nonnes devaient se soumettre a de dures macérations et s'imposer des mortifications et des humiliations inhumaines. Beaucoup ressemblaient a des spectres. Les corps commençaient a etre détruits; les âmes allaient bientôt l'etre.
En 1630, Jeanne des Anges et plusieurs nonnes donnerent des signes de déséquilibre mental. Elles prétendirent etre possédées par le diable, qui prenait divers aspects. Leur possession était voluptueuse. L'une était la proie d'Astarot, confusion avec le nom d'Ashtart, déesse lascive de Sidon; une autre subissait Zabulon, sixieme fils de Jacob; d'autres, enfin, plus profondément atteintes, se disaient livrées a Behémot, le demon animal de Job... Toute une luxure biblique hantait ces pauvres esprits. Certains jours, leurs hallucinations atteignaient un paroxysme. elles hurlaient, bavaient, se contorsionnaient, couraient en chemise, grimpaient aux arbres ou sur les toits.
Le couvent devenait un asile de folles.
En ville, on s'interrogeait: il y a un coupable, qui est-il ?
II fut vite trouvé. Le pere Mignon, confesseur des ursulines et aussi exorciste, l'avait sous la main. N'était-ce pas cet Urbain Grandier, curé de Saint-Pierre du Marché et chanoine de Sainte Croix ?
Ce pretre plait aux femmes !
Certaines nonnes, a confesse, avaient avoué rever de lui. N'avait-il pas, en vain heureusement, sollicité la place de directeur de conscience des religieuses, obtenue par le pere Mignon ?
N'est-il pas querelleur ?
N'a-t-il pas séduit et abandonné la fille du procureur ?
Ne vit-il pas en concubinage avec une jeune fille ?
N'a-t-il pas jeté une branche de laurier dans la cour du couvent ?
Et chacun sait que le laurier est réputé capable de communiquer l'esprit de possession. D'autres prétendent que cette branche était celle d'un rosier. Or, chacun sait que celui-ci est le symbole de la pureté: Grandier n'a-t-il pas jeté un défi aux religieuses ?
II brave bien ses supérieurs en protégeant les protestants, nombreux dans la ville.

Le curé Grandier au buché
Sur la place de Loudun, le 18 août 1634, le cure Grandier brûle; un capucin anime le feu.
les folles du couvent crient; les bourgeois boivent; seul le Pere cordelier prie.
Image populaire, 1632. Bibliotheque nationale, Paris.

Les langues vont bon train.
Vérités et ragots courent Loudun. Au couvent, dans leurs extases, des nonnes crient le nom de Grandier, le séducteur. C'est bien lui le demon !
La mere Jeanne peut en témoigner... Et elle en témoigne aupres de son exorciste...

La religion, la politique...

Excédé, le curé de Loudun dépose une plainte en calomnie contre Mignon aupres de l'archeveque de Bordeaux. Tout aurait pu en rester la car Mgr Henri d'Escoubleau de Sourdis est un prélat paisible et peu sensible a la superstition. II étouffe I'affaire.
Sur ce arrive a Loudun un envoyé de Richelieu. Ce Jean Martin, baron de Laubarde-mont, fera part au cardinal de l'état d'esprit des Loudunois et d'une grave accusation contre Grandier, portée sans doute par Mignon. Le curé de Saint-Pierre du Marche serait non seulement un sorcier, mais surtout l'auteur d'un pamphlet contre le cardinal, intitulé Lettre de la cordonniere de Loudun. Richelieu fut-il sensible a l'accusation de sorcellerie ?
Peut-etre. Mais au pamphlet, sûrement, et d'autant plus que le cardinal, autrefois prieur a Coussay, s'était vu refuser la premiere place par Grandier lors d'une procession... Le diable se faisait homme politique en meme temps que moine.
Richelieu dépecha le conseiller pour instruire le proces du malheureux curé. Ce Laubardemont était dénué de tout scrupule : Donnez-moi une ligne de la main d'un innocent, aimait-il a dire, et j'y trouverai de quoi le faire pendre...
L'instruction dura un an. L'accusé fut interrogé trois fois seulement, mais soixante témoins comparurent. Tous accusaient Grandier. Deux nonnes, cependant, oserent affirmer s'etre livrées a une comédie. Mais I'affaire était entendue. Grandier, livré au bourreau, serait supplicié, puis brûlé pour crime de magie, maléfice et possession .

...et le bûcher

Le 18 août 1634, plus de sept mille personnes assisterent au spectacle donné sur la grande place de la ville. La plupart de ces gens resterent silencieux. Mais, a certaines fenetres, comme a celles du procureur, dont Grandier avait séduit la fille, verre en main on menait grand tapage. Le bourreau, pris de pitié, ou peut-etre peu enclin, de par ses fonctions, a croire a la sorcellerie, avait promis d'étrangler l'accusé sitôt le feu mis. II ne put tenir sa promesse : un capucin avait solidement noué la corde destinée a ce geste de charité chrétienne. A l'instant ou les moines, exorcistes habituels des nonnes possédées, allumaient eux-memes la paille et les fagots, on vit s'ouvrir la porte de l'église des cordeliers, ordre resté neutre durant l'instruction de l'affaire.
Le pere Grillau, supérieur du monastere, vint embrasser le condamné. Les flammes léchaient déja sa robe soufrée.
Puis le cordelier s'agenouilla.
Tels des diables, les capucins s'agitaient, lançant de l'eau bénite sur la torche humaine vivante. Dominant le ronflement des flammes, on entendait d'atroces gémissements. Les exorcistes hurlaient : Dicas ! dicas !... (Avoue ! avoue !) Et, soudain, un dernier cri sortit du feu:
- Deus meus...
- II appelle Satan, dirent les exorcistes.
Ses cendres furent dispersés, non sans que certains ne se procurent reliques et amulettes noircies.

Expliquer l'inexplicable...

Avant d'etre ainsi brûlé vif, le curé de Loudun avait eu les os des genoux, des jambes et des chevilles brisés. II avait reconnu ses pechés et ses crimes de fornicateur. Mais il n'avoua jamais etre l'inspirateur des diables , meme sous les pires tortures des brodequins, des tenailles rougies et du feu.
Par quoi furent possédées les malheureuses nonnes, et bien des années encore apres la mort de Grandier ?
La premiere touchée avait été la supérieure. L' hystérie est contagieuse, surtout lorsqu'elle est attisée comme peut l'etre le feu. Les exorcistes désignés par Laubardemont, les capucins Mignon et Tranquille et le récollet Lactance, userent de procédés infâmes. Afin de pouvoir confondre Grandier, et contre toutes les regles édictées par l'Eglise en matiere d'exorcisme, ils sur-exciterent les folles ou encouragerent les simulatrices. D'abominables séances publiques d'exorcisme furent offertes a de tres distingués visiteurs avides d'obscénités. Grandier en était toujours l' inspirateur invisible.
Le curé de Loudun exécuté, Laubardemont et Richelieu satisfaits, l'un apres l'autre les moines regagnerent leurs établissements ou, comme le pere Tranquille, moururent en proie a leurs diables . Des jésuites a la tete froide vinrent les remplacer. Peu a peu, les ursulines se calmerent. Jeanne de Belcier mit plus de vingt ans a guérir de sa furor uterinus (de sa nymphomanie), de ce que nous appellerions aujourd'hui des phénomenes de perception extrasensorielle accompagnés d'effets de psychokinese et de psychogénie, attisés par les excitations des exorcistes. Elle mourut presque en odeur de sainteté, en 1665. Sa tete fut momifiée. Tres heureusement, cette relique disparut lorsque le couvent des ursulines fut fermé, en 1772.


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